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Des soeurs siamoises séparées avec succès
Deux soeurs siamoises soudanaises, âgées d'un an et reliées par la tête, ont été dissociées avec succès au bout de quatre opérations. La dernière datait du 15 août à l'hôpital pour enfants de Great Ormond Street, à Londres.
C'est un nouveau miracle de la chirurgie. Malgré l'extrême difficulté de la procédure, deux soeurs siamoises, venues du Soudan, ont été séparées avec succès. Il a fallu quatre opérations successives, entre le mois de mai et le 15 août, pour dissocier les deux fillettes, âgées d'un an et liées par la tête. Ce lundi, les membres de l'équipe chirurgicale, chargées de l'opération, à l'hôpital pour enfants de Great Ormond Street, à Londres, ont fait part de cette incroyable réussite.
Rital et Ritag Gaboura, nées le 22 septembre 2010 à Khartoum, ont subi le 15 août cette délicate et rare opération de séparation, a expliqué l'équipe du chirurgien David Dunaway. Elles ne présentent pas de séquelles neurologiques. A la naisssance, les soeurs étaient totalement solidaires au niveau de la tête et leurs vaisseaux sanguins étaient reliés. Si bien que le coeur de l'une d'elles fournissait la moitié de l'alimentation sanguine du cerveau de l'autre. Autant dire qu'il y avait danger.
Une opération très rare et risquée
C'est pourquoi trois premières interventions ont eu lieu en mai et en juillet pour préparer l'étape finale. Les deux premières opérations avaient pour objectif de séparer le système vasculaire commun des petites filles. Avec la troisième, les chirurgiens ont réussi à insérer des tissus permettant ensuite d' « étirer » la peau destinée à couvrir leur crâne au moment de la séparation finale. Le chirurgien David Dunaway a souligné qu'« il s'agissait d'une opération très rare et très complexe, qui exige la participation de spécialistes de plusieurs disciplines. »
(...et après l'opération).
En effet, les siamois représentent une naissance sur 100.000 dans le monde. Parmi les siamois, seulement 5% sont attachés par la tête et dans 40% des cas, ces nourrissons ne survivent pas à la naissance. Un autre tiers décède dans les 24 heures suivant la venue au monde. Au bout du compte, les chances pour Rital et Ritag de dépasser la petite enfance n'étaient que d'une sur 10 millions.
Les parents soulagés
La maman des jumelles a fait remarquer que les fillettes, qui ne pouvaient pas se voir lorsqu'elles étaient reliées par le crâne, « avaient mis du temps à comprendre qu'elles étaient soeurs ». Les parents des jumelles ont fait appel à l'association britannique Facing the World. Celle-ci, spécialisée dans l'aide aux enfants souffrant de déformations faciales, a pris en charge le voyage des fillettes et de leur parents ainsi que les frais médicaux.
« Je m'étais préparé à vivre avec des siamoises toute ma vie. Nous avons tellement de chance d'avoir maintenant des enfants séparés » a confié avec soulagement le père à la BBC. L'hôpital avait déjà réalisé, par le passé, plusieurs opérations de séparation de siamois avec succès. Mais ces interventions chirurgicales demeurent encore extrêmement rares. De quoi accentuer la prouesse des chirurgiens londoniens en charge de l'intervention.
Source : Maxime Ricard pour France-Soir d'octobre 2011.
Photo : Les soeurs siamoises avant l'opération... SIPA/Facing the World